Le cri du héron me glace les cendres

lost in rotation, les serial killer ne sont plus ce qu'ils étaient. Un conte pour enfant sanglant, découpé en morceaux.

mardi 22 janvier 2008

- "Et là, tu as envie de te laver les dents, là ?" - "Oui. Je ne le fais pas pour ne pas te vexer, mais ça m'angoisse."

- "Mais tu sens bon, tu sens toujours aussi bon, tu sens même un peu de moi."
- "J'ai peur, peur d'être indigne de toi. Que tu dises cela, mais qu'au fond de toi, tu te forces à supporter mon haleine. Une part de moi sais que je te répugne."
- "Mais comment peux-tu sentir mauvais ? Tu sens le dentifrice, ma salive et mon mojito ?"
- "C'est plus compliqué que ça. Ta salive se mêle à la mienne, et je la salis, au point que ce mélange a quelque chose de nauséabond. Je suis une pourriture sur pied." Les barmen ont le sens du coktail, mais ça secoue.
- "Lèche moi la chatte !"
- "Pardon ?!!!!"
- "Viens me lécher la chatte puis embrasse moi." Elle passa par dessus le comptoir, le fit basculer contre les réfrigérateurs chromés.
- "Je ne peux pas faire ça." Elle lui plaça la main sur les parties, sentit son érection tonitruante, et l'empoigna comme on charge un fusil à pompe.

Posté par ugarte à 11:42 - la fille de l'autoroute - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


lundi 21 janvier 2008

Il en faut des angoisses en soi pour accoucher d'un refrain qui danse.

Une ambulancière à la poitrine moelleuse s'épanchait auprès de qui voulait l'entendre sur son hystérie mal soignée. Eternelle petite fille dans un corps de femme, elle voulait palper du rugbyman, du vrai, comme s'il s'était agi d'une espèce en voie de disparition. Elle intellectualisait son fantasme au point d'attirer un public malingre et délicat, inapte à toute bourrée basque. Hurler à la lune n'a jamais vidé les couilles de personne. Rassurée par l'infériorité mammaire de Pulga, elle en avait fait sa meilleure amie, la couvrant de mojitos feuillus. Au comptoir, Pulga s'était étonnée du comportement du barman, trapu et chauve, qui se brossait les dents :

- "Votre mère doit être fière de vous !"
- "C'est un TOC, ma mère n'y peut rien."
- "Un TOC ?"
- "Un vrai TOC. Je me lave les dents une vingtaine de fois par jours."
- "C'est votre dentiste alors qui doit être content ?"
- "Contente ? Elle s'appelle Eléonore, elle est blonde, et ne sourit jamais. J'ai les gencives en strudel, je fais abcès sur abcès. Elle m'en veut terriblement."
- "Mais pourquoi vous faîtes ça ?"
- "Pour être propre, pour pouvoir vous parler sans sentir mauvais."
- "Mais vous ne SENTEZ PAS MAUVAIS"
- "C'est que je viens de me laver les dents."
- "Ah !"
- "Oui ..."
- "Et si vous m'embrassiez ?"
- "Il faudrait que je me lave les dents immédiatement après."
- "Mais si je vous embrassais deux fois de suite ?"
- "J'aurais peur de vous dégoûter, je refuserais."
- "C'est ridicule."
- "C'est un TOC !" Le barman prit à témoin un clone de Besancenot qui photographiait sa tasse de café pour la placer sur son blog. "Un TOC."
- "Je vois. Et pourtant j'ai envie de vous embrasser." Elle se hissa sur le bar, agrippa sa nuque à deux mains, et lui mit une langue de poulpe. Il se laissa faire, les canines retroussées. "Et là, tu as envie de te laver les dents, là ?"
- "Oui. Je ne le fais pas pour ne pas te vexer, mais ça m'angoisse."

Posté par ugarte à 23:29 - la fille de l'autoroute - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Les bavures affectives ne se soignent pas toutes avec la langue.

La trompette, le trombone et le saxo des lézards martelaient leur rythme cuivré et fanfaronnaient d'importance. Martiaux et chauves aux joues pleines, ils se dandinaient, amènes en noir. Le chanteur aurait pu être druide, mais Pulga n'avaient que trop donné. Les tendons apparents, la serpe au bord des lèvres.

Pouvez vous s’il vous plait, me rassurer
Je suis angoissé, c’est assez dans ma nature
Pouvez vous me jurer, me certifier
Qu’on n’a rien surpris qui soit de mauvais augure

Il en faut des angoisses en soi pour accoucher d'un refrain qui danse.

Posté par ugarte à 22:58 - la fille de l'autoroute - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

En son centre, surplombant la fossette, étincelait un piercing en cristal noir, un do-décaèdre très exactement.

Pulga le débusqua de la langue, et le fit pivoter sur son axe, dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. Les poils picotaient mais ne s'opposaient pas.

Les lampes au plafond faisaient penser à des alambics huileux. Le concert des lézards martiens battait son plein devant un parterre de groupies aux bras nus, aux allures d'institutrices sous extasy. Des verres de mojito morts dégueulaient leur feuille de menthe sur des glaçons informes. Les bavures affectives ne se soignent pas toutes avec la langue.

Posté par ugarte à 22:48 - la fille de l'autoroute - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Les têtons de Pulga avaient la saveur âcre des oursins islandais.

"Tais-toi et bande !" se dit-elle en plaquant son humidité sur un limaçon désarmé. Il marmonnait quelque chose de pré-lacanien, guttural et absorbé. Il se donnait de l'impotence. Pulga lui saturait les sens, il était démuni, désemparé.

Il était plus chauve qu'elle. Une touffe de poil rousse, sous la lèvre, en triangle. En son centre, surplombant la fossette, étincelait un piercing en cristal noir, un do-décaèdre très exactement.

Posté par ugarte à 22:19 - la fille de l'autoroute - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mercredi 16 janvier 2008

Un animal bien nourri devient naturellement philosophe, il faut s'y résoudre. L'inverse est heureusement faux.

Les têtons de Pulga avaient la saveur âcre des oursins islandais.

Posté par ugarte à 18:11 - la fille de l'autoroute - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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